Encore une fois, seuls les intérêts économiques comptent ...
Recevoir Greta Thunberg le matin à l'assemblée nationale et voter l'après midi même pour l'accord du CETA, il fallait oser. Ils l'ont fait !!!
Greta parle d'équité et quelques heures plus tard, une dangereuse alliance économique est validée. Où est justement cette équité, que ce soit au niveau environnemental, ou humaine ?
Revenons sur cette histoire de CETA. C'est quoi au juste ? Le Comprehensive Economic and Trade Agreement (ou accord économique et commercial global) est un accord commercial bilatéral de libre-échange entre l'Union Européenne et le Canada. Selon les pro-CETA, le but est de dynamiser les échanges, les importations ou les exportations tout en supprimant les tarifs douaniers et toutes les normes qui peuvent faire obstacle au commerce.
Le 23 juillet dernier, le texte était débattu devant l'assemblée nationale, donc. Il a été approuvé à 266 voix contre 213 (et 74 abstentions). Pour Gilles Legendre, chef de groupe des députés de la république en marche " le CETA, c'est bon pour l'environnement." Allez bien m'expliquer pourquoi. L'Europe va donc, par exemple, pouvoir importer 65 000 tonnes de boeuf canadien par an. Vertigineux. Et inconscient quand on sait qu'il faut absolument que nous réduisions notre consommation de viande au niveau mondial. MAINTENANT, ET DE FACON DRASTIQUE. Ces élevages industriels participent à un niveau phénoménal au réchauffement de notre planète. Et ils gaspillent avec frénésie la déjà si fragile ressource en eau. Imaginez que pour produire un kilo de viande de boeuf, il faut 13 500 litres d'eau !!!!!!
Et donc, avec ce CETA, que va-t-il se passer ? Dynamiser les échanges, ça veut dire accroître les exportations. Donc, favoriser la circulation de ces méga porte conteneurs qui contribuent activement à la pollution maritime. Le pétrole extrait du sable bitumineux canadien, 49 % plus émetteur de CO2 que le pétrole conventionnel, verra ainsi sa production encouragée pour être vendu sur le marché européen. De même, parmi les risques encourus, il est probable que des produits OGM finissent par arriver en Europe. Oui, parce qu'il faut savoir que les normes ne sont pas les mêmes, dont ce fameux principe de précaution qui n'existe pas au Canada, donc il est à prévoir que sans traçabilité suffisante (déjà, actuellement, il y a de trop nombreuses fraudes car trop peu de contrôles), des indésirables (pour parler proprement, et pour ne pas être trop alarmiste sans doute) arriveront dans nos assiettes. Je ne m'attarderai pas sur la façon dont les animaux sont considérés, sans respect de leur vie. Inutile non plus de vous préciser comment ils sont nourris au niveau des antibiotiques et des farines animales.
Le plus triste est sans aucun doute la fin annoncée de la petite agriculture ici et ailleurs. Combien de CO2 dégagé et combien de souffrance engendrée ? Ah, c'est le lobby agroalimentaire qui doit bien rire en levant son verre à notre santé et aux futures maladies émergentes !!! Pas sûr que nos dirigeants représentent les intérêts du plus grand nombre.
Heureusement, partout , dans le monde, des femmes et des hommes plus sages que les autres agissent. Ainsi, le 29 juillet, l'Ethiopie replantait, en 12 heures, - tenez vous bien - 220 millions d'arbres :) Avec des nouvelles comme celle-ci, on respire un peu mieux, non ?
Profitez de ce beau week end en compagnie de celles et ceux qui comptent pour vous. Vivre le présent, l'ici et maintenant, c'est aussi préparer le futur.
Sophie COCARD.
Parmi mes sources : lemonde.fr ; observatoire-des-aliments.fr ; reporterre.net
