Quand Total perd son avantage fiscal sur l'huile de palme :)

Publié le par Sophie COCARD

Et si tout doucement, le système changeait ? Et si l'intérêt collectif redevenait la priorité face à l'économie de marché et ses lobbies ? Ce qui est arrivé il y a quelques jours est très positif et sera, je l'espère, reproduit. 

Le 11 octobre dernier, Total était informé de son recours auprès du Conseil d'Etat qui avait alors renvoyé l'affaire au Conseil constitutionnel, la plus haute instance. Le couperet est tombé : fin de l'avantage fiscal sur l'huile de palme ! 

Petit retour en arrière : en 2015, le groupe Total lançait le projet de transformation de sa raffinerie de la Mède, dans les Bouches du Rhône, afin de produire des biocarburants. Fin 2016, le site arrêtait son activité de raffinage de pétrole brut. Le 16 mai 2018, le groupe était autorisé à utiliser sa bio-raffinerie pour produire jusqu'à 450 000 tonnes d'huiles végétales brutes (palme, colza, soja, maïs ...). Après sa rencontre avec Nicolas Hulot, alors Ministre de la Transition écologique, Total s'est engagé à limiter son approvisionnement à 300 000 tonnes d'huile de palme par an. En décembre 2018, lors de la lecture finale du projet de loi de finances pour 2019, les députés votaient la fin de l'avantage fiscal sur les biocarburants à base d'huile de palme à partir du 1er janvier 2020. Plusieurs fois, le patron de Total a tenté d'intervenir avec des arguments financiers pour faire infléchir les députés et les faire revenir sur cet amendement. 

Oui, donc, comme je le disais, c'est une excellente nouvelle .  L'huile de palme, on en trouve partout, donc il en faut beaucoup. Si vous lisez attentivement les étiquettes de produits, vous en dénicherez dans l'alimentation, les soins de beauté, les lessives .... et bien sûr, les carburants. Pour faire place aux plantations de palmiers, la déforestation des forêts tropicales est massive. Un drame humain pour commencer. Pour accéder à ces terres, il faut expatrier les agriculteurs et par là même les priver de leurs moyens de substistance. Un drame forestier, bien sûr. L'importance du maintien des forêts est reconnue pour la captation du CO2, des études récentes appuyant ces propos. Un drame pour la biodiversité, les plantes autant que les animaux. Parmi les espèces emblématiques menacées en Indonésie, l'orang outan est devenu le symbole de ce massacre organisé. Et un drame pour notre santé car l'Autorité européenne de sécurité des aliments dénonçait en 2016 la dangerosité de l'huile de palme industrielle raffinée qui est riche en contaminants génotoxiques (qui peut provoquer des dommages sur les gènes allant jusqu'à la mutation) et cancérigènes. 

Donc, lorsque nous achetons des produits, soyons vigilants. Oui, je sais. Cela prend un peu de temps de lire des étiquettes mais qu'est ce que quelques minutes perdues en comparaison de ce terrible enjeu climatique pour lequel, si ne nous ne bougeons pas assez, nous perdrons bien plus que notre temps ? Et si nous voyons de l'huile de palme, boycottons ! N'oubliez pas qu'en tant que consommateurs, si nous sommes nombreux, nous pouvons faire entendre notre voix. 

Soyons le colibris qui fait sa part, 

Sophie COCARD. 

 

 

Parmi mes sources : www.lafranceagricole.fr ; actu-environnement.com ; sauvonslaforet.org

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