Quand les écrivains parlent du sale temps sur la planète
Récemment, j'ai lu deux ouvrages l'un après l'autre : " L'humanité en péril - Virons de bord, toute ! " par Fred Vargas et " Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité face à la catastrophe écologique et sociale" d'Aurélien Barrau. Je me suis rendue compte qu'ils sont d'une complémentarité incroyable, les angles d'approche d'un même sujet se faisant de façon différente.
Fred Vargas, que l'on connaît habituellement comme une romancière, s'est essayée - avec succès - à l'écriture d'un ouvrage dans lequel elle traite de données que nous connaissons ou que nous découvrons, qui font froid dans le dos. Aurélien Barrau, astrophysicien au look de rocker et que nous avons entendu plus d'une fois ces derniers mois pour alerter quant à notre immobilisme, a rédigé un véritable plaidoyer pour la vie en y amenant des notions de psychologie, des données scientifiques etc.
Tous deux se différencient quant à la façon d'aborder le sujet mais ils se retrouvent sur le fond, comme par exemple le lien entre social et environnement. Le scientifique le dit clairement : " Lorsque l'écologie s'oppose au social, elle se suicide. Et échoue." C'est effectivement en traitant ensemble ces problèmes que nous les résoudrons ensemble. Et ces auteurs mettent le doigt sur quelque chose de très important : la responsabilité des politiciens, certes, mais aussi la NOTRE.
Fred Vargas aborde tout autant la question de l'évasion fiscale que sa vision sur les dirigeants, des informations sur les pesticides et ses conséquences sur notre santé, la déforestation, le gaspillage dans l'industrie du textile, la puissance des industries agroalimentaires et ses dérives (elle donne des noms, ce qui là aussi peut nous permettre de fuir précisément ces marques) ou encore, par exemple, les ressources encore disponibles sur Terre .... Elle balaye de façon méthodique tout ce qui peut nous permettre de mieux comprendre pourquoi il faut se bouger MAINTENANT. Voici ce qu'elle en dit : " Mais, hormis notre voix dans l'urne, Nous (petite précision : F. Vargas parle tout au long de son ouvrage de " Eux ", les politiciens, et " Nous ", les citoyens-consommateurs) aussi, comme je n'ai eu cesse de le répéter, nous avons beaucoup à faire et sommes capables de peser lourdement sur l'indispensable changement à venir. "
Aurélien BARRAU, quant à lui, traite de la sixième extinction massive de l'histoire de la Terre avec des chiffres - effrayants - à l'appui. S'il en est bien un à retenir, c'est le suivant : les humains représentent 0,01 % des créatures vivantes mais ont causé 83 % des pertes animales depuis les débuts de la civilisation. La vision de l'astrophysicien est bien celle que nous devons défendre : " Le faste décomplexé, la richesse obscène, l'égocentrisme prédateur, la figure du mâle possédant fier de son insouciance, sont immensément ringards aujourd'hui. Il est temps de faire savoir le ridicule de ces postures et de valoriser une certaine humilité responsable."
Ces lectures ont évidemment complété mes connaissances sur le sujet de la crise, mais je peux aussi avouer que je suis sortie " différente " après ces lectures. Il y a eu véritable résonance en moi. J'ai eu la chance de croiser à des moments de ma vie des livres qui m'ont apporté de véritables réponses. Ils sont de ceux là.
Je terminerai par les mots d'Aurélien Barrau qu'il a inscrit dans sa préface : " A tous les vivants qui vont souffrir de notre inconséquence. Avec honte."
Sophie COCARD.