Docteur, j'ai mal à la tête !
En survolant l'actualité, une chose a retenu mon attention. Le gouvernement réfléchit à la possibilité de la mise en place du télétravail dans le cadre d'arrêts maladie. Apparemment, cela permettrait un retour anticipé au travail car les arrêts de travail coûtent cher. Allons bon ... Toujours pour cette histoire d'économie .... Au rythme où vont les choses, une femme de ménage qui a mal à l'épaule droit et qui est droitière se verra conseiller de continuer son emploi (sans se plaindre, ça va de soi ! ) en passant la serpillère de la main gauche. C'est vrai, ça ! C'est excellent pour la motricité, le cerveau s'adapte et créé une nouvelle connexion de neurones à une nouvelle tâche. Que du positif !
Bon, mais alors, au lieu de chercher à coller un pansement sur une jambe de bois, pourquoi ne pas prendre le problème à la base ? Je n'ai jamais compris pourquoi, quel que soit le problème, on travaille sur les effets mais pas les causes. Et pourtant, prendre le problème à la racine, c'est avoir la possibilité de réduire des impacts. Le télétravail pour interrompre les arrêts maladie, on pourrait faire. Mais ce mode de travail qui faciliterait la vie des salariés, qui limiterait les déplacements donc permettrait de réduire la pollution tout en soulageant le porte monnaie, on ne met pas en place. C'est quand même étonnant, non ?
Je reviens à ce que je disais. Un quart des arrêts de travail longs (supérieurs à quinze jours) est causé par des mauvaises conditions de travail. Et oui, il faut faire toujours davantage de chiffre avec de moins en moins de salariés. Non mais, il est quand bon de rappeler qu'un humain n'est pas une machine. Et qu'à force de presser, compacter, lui demander d'aller toujours plus vite, il ne peut plus. Il faudrait quand même s'inquiéter du nombre de suicides au travail, du nombre de burn-out. Mais non, ça, on occulte. Le gouvernement a pensé à tout ! En cas de problème lié aux conditions de travail, c'est le médecin du travail qui réglera les choses. Là, j'ai des sérieux doutes. Tout dépendra de l'attitude de la direction. Autre chose, on repousse sans cesse l'âge de départ en retraite. Et on s'étonne que ces salariés usés ne tiennent plus le choc !!! Repoussons encore un peu ce moment de départ en retraite, et nous verrons déambuler en déambulateur des salariés qui pousseront une potence au bout de laquelle sera fixée une poche de perfusion remplie de vitamines.
C'est une affaire à suivre. Le premier ministre affirme qu'il ne faudrait pas confondre arrêt de travail et travail. Quelles limites y aura-t-il ? Encore une pression supplémentaire pour le salarié. Or, pour se remettre physiquement, ne faut-il pas aussi que l'esprit se repose ?
Je n'ai qu'une chose à ajouter : à votre santé !
Sophie COCARD.
Mes sources : le dauphiné libéré ; le parisien