Comme un goût amer dans la bouche.
Un de mes rituels matinaux consiste à écouter les nouvelles fraîches du monde. Figurez vous que la semaine dernière, j'ai malmené mon estomac qui a fait trois tours sur lui-même. Le pauvre organe en était tout remué ! Pensez donc, je venais de lire que dans un certain nombre d'aliments, il y a des hydrocarbures !!!
En octobre 2015, l'ONG allemande Foodwatch, association de défense des consommateurs, dénonçait un véritable scandale : six produits sur dix sont contaminés par des hydrocarbures aromatiques d'huiles minérales. Rien qu'en entendant le nom, on en a l'eau à la bouche !!! L'ONG en informait l'opinion et lançait simultanément une pétition à destination de la Commission européenne pour la pousser à agir, en fixant par exemple des limites à la présence de ces substances dangereuses et en modifiant les emballages. A cette époque, l'ONG déclarait : " Bien que le problème soit connu des experts et de nos politiques depuis des années, aucune réglementation spécifique n'a vu le jour, que ce soit au niveau européen ou national, afin de protéger les consommateurs."
Pour bien identifier les petits arrières goûts que vous pourriez percevoir dans vos assiettes, il faut savoir qu'il existe deux sortes d'huiles minérales : les MOSH (les hydrocarbures saturés) qui s'accumulent dans les tissus humains et induisent des effets indésirables pour le foie, et les MOAH (hydrocarbures aromatiques) qui peuvent agir comme des cancérigènes génotoxiques, c'est-à-dire qu'ils risquent d'endommager l'ADN, le matériel génétique des cellules, et provoquer des cancers.
le 9 mai 2017, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail a émis des recommandations pour diminuer la contamination des denrées alimentaires par ces hydrocarbures. A noter que les rapports de Foodwatch et de l'ANSES se recoupent : les emballages seraient la principale source de contamination, soit par un contact direct, soit par " migration " indirecte. Les emballages recyclés seraient principalement en cause. Foodwatch donne des listes de marques qui " ont commencé à prendre des mesures", " ne répondent pas", "sont favorables à une réglementation" ou " esquivent".
Je m'interroge : il est conseillé de manger cinq fruits et légumes par jour pour se maintenir en pleine forme. Mais je doute que consommer à notre insu des hydrocarbures soit bénéfique pour notre santé. A moins que ... Oui, ça doit être cela : les sociétés agroalimentaires veulent nous faire bénéficier d'effets positifs encore totalement inconnus du pétrole. Maintenant que le roi de la pétrochimie est associé au seigneur de l'agroalimentaire industriel spécialisation malbouffe, et qu'ils aiment nous prétendre qu'ils soignent nos artères, nous pourrions voir prochainement apparaître des gélules parfumées à l'essence. Imaginez le slogan : " Avec une gélule d'hydrocarbures chaque matin, carburez pour la journée ! ".
Remarquez, pour ce qui est de carburer, il va falloir trouver l'énergie nécessaire pour défendre (ce qu'il reste) des acquis obtenus par nos ainés, au niveau social. D'ici quelques années, le code du travail sera drôlement léger : il tiendra sur une feuille recto-verso (soyons optimistes : la feuille sera quand même de format A3 ....). J'aurai bien l'occasion d'en parler prochainement.
Positivement vôtre,
Sophie
Sources consultées : Le point.fr, du 28 octobre 2015. Foodwatch.org, publié le 24 avril 2017 " hydrocarbures dans les aliments : tout est permis ? " . Observatoire des aliments. Mr Mondialisation.org du 30 mai 2017 " L'ANSES confirme la présence d'hydrocarbures dans nos aliments". anses.fr du 9 mai 2017 , " l'Anses émet des recommandations pour réduire la contamination des denrées alimentaires par les huiles minérales."