Il nous faut de l'eau !

Publié le par Sophie COCARD

En France, les usages domestiques représentent 24 % de la consommation d'eau. L'agriculture utilise la moitié des ressources en eau du pays. 

Nous consommons allègrement toutes les ressources que la planète nous offre, sans restriction, sans sobriété. La date du jour du dépassement est de plus en plus précoce chaque année. Et l'eau ne fait pas exception à ce prélèvement à outrance des ressources naturelles. Alors que les nappes phréatiques se reconstituent mal, nous ne freinons pourtant pas notre consommation. Nos gestes devraient être réfléchis et penser que c'est une chance d'avoir de l'eau au robinet. De l'eau potable. 

Alors, quand il s'agit de réduire la voilure, certains d'entre nous grinçons des dents. Et pourtant, ceci devrait nous permettre de réfléchir (et d'agir) quant à nos gestes du quotidien. 

En Lorraine, cette pénurie d'eau n'a épargné personne. La ville de Gérardmer, qui voit sa population quadruplée en été avec la fréquentation des vacanciers, a du une nouvelle fois pompé dans son lac, comme elle l'avait fait en 2003, 2015 et 2020.

Alors que nous devrions partager les ressources, là aussi, chacun essaie de se les accaparer. Vous avez par exemple pu entendre parler des méga-bassines. Mais qu'est-ce donc ? Ce sont des ouvrages de stockage de l’eau aux tailles imposantes. Elles sont entourées de digues de 10 mètres de haut environ, érigées grâce à de la terre décaissée pouvant aller jusqu’à 8 m. Ces ouvrages hydrauliques imperméables, sont remplis par pompage dans les nappes phréatiques (nappes de surface) ou dans les cours d’eau. Et alors, où est le problème allez-vous me demander ? Le hic est que ces gros points d'eau ne servent pas à toute la collectivité, mais à l'agriculture intensive qui continue malheureusement à produire des plantes trop gourmandes en eau. 

Sortir du modèle agricole dominant est indispensable. Les agriculteurs respectueux de leur terre, qui pratiquent l'agriculture raisonnée ou biologique, savent qu'il faut tenir compte de l'équilibre naturel. Mais visiblement, le lobby agro-industriel est encore bien accroché puisqu'il prétend pouvoir nourrir l'humanité.  A à grand renfort de pesticides, ne l'oublions pas. 

Dans une fiche d'information intitulée " les méga bassines, une fausse solution face au changement climatique, la confédération paysanne explique que  " contrairement à ce que répètent en boucle leurs promoteurs, y compris le gouvernement, les méga-bassines sont remplies principalement par des systèmes de pompage dans les nappes phréatiques et les cours d’eau. Il ne s’agit donc absolument pas de récupérer seulement une eau « qui tombe » mais bien d’aller chercher l’eau dans ses espaces naturels de stockage. "

Selon Jean François Achilli, de France tv info, dans un article du 11 août 22, " la prise de conscience du péril climatique, qui s'est invitée brutalement cet été, est donc bien réelle. Mais nous faisons face à un paradoxe, toujours le même : la société reste prisonnière du court terme. Bien gagner sa vie, remplir le réservoir de sa voiture, boucler ses fins de mois ... Tant que l'équation " fin du mois contre fin du monde " ne sera pas résolue dans nos esprits, nous irons dans le mur sans pouvoir changer le futur. "

Hier, le présentateur d'un journal télévisé annonçait que les pluies de ces derniers jours ne résorberont pas la sécheresse. J'ai d'abord pesté devant le téléviseur en entendant ce qui est annoncé comme une évidence. Et puis, en réfléchissant, je me dis que finalement, après les grandes chaleurs passées, le retour de l'eau accessible très facilement au robinet, les restrictions préfectorales levées, la rentrée scolaire passée, les vieilles habitudes referont surface. 

Une fois encore, la société participera à la frénésie du black friday, aux achats de noël. Et les bonnes résolutions de l'été se noieront dans les bulles du champagne du nouvel an ....

Sophie COCARD. 

 

Parmi mes sources : www.novethic.fr ; www.confederationpaysanne.fr

Photo d'une flore desséchée, et d'une petite abeille assoiffée. Un coin des Vosges en juillet 2022. Sophie COCARD.

Photo d'une flore desséchée, et d'une petite abeille assoiffée. Un coin des Vosges en juillet 2022. Sophie COCARD.

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