AU PAYS DES SIRENES OU DES MURENES ?

Publié le par Sophie COCARD

Au début de la chaîne alimentaire, nous avons les petits poissons, c'est-à-dire la très très très petite entreprise. Récemment, la Chambre de Commerce et d'Industrie sortait de nouveaux résultats d'un sondage sur les entrepreneurs. Visiblement pas tous les entrepreneurs puisque je n'ai pas été consultée. Trop petite sans doute. Cela me rappelle le jour où j'ai reçu une enquête à remplir. Il était question de flottes de véhicules, de quai de déchargement .... J'ai téléphoné au responsable qui suivait la gestion des questionnaires en disant que je n'avais pas tout ça ! Et il m'a répondu que c'était une erreur, que je n'aurais jamais du le recevoir parce que j'ai le statut d'autoentrepreneur ! Mais, même sans avoir une flotte de véhicules, un entrepreneur de petite taille a des besoins et des projets ! Ah, le retour à des structures à taille humaine n'est pas pour demain, et pourtant, c'est exactement le virage que notre société devrait prendre afin de répondre aux nombreux enjeux climatiques et sociaux qui sont déjà visibles aujourd'hui. Par exemple, nous assisterons à bien encore de nombreuses restructurations et à des vagues de licenciements de centaines de salariés avant que des réflexions soient entreprises à ce sujet. 

Et de l'autre côté, nous avons les baleines tueuses du marché, ces mastodontes du web qui sont en train de tout écraser sur leur passage. L'un d'entre eux est d'ailleurs régulièrement pointé du doigt. Si je vous parle d'une flèche montante qui relie le A au Z et qui ressemble à un sourire, j'imagine que vous voyez immédiatement de quelle entreprise je parle. Cette entreprise, où 53 % de français ont commandé en 2019, est scruté par des associations qui dénoncent la déplorable politique environnementale, des syndicats qui déplorent les conditions de travail, des journalistes qui informent des mauvaises pratiques commerciales à l'égard des PME qui passent un partenariat avec le groupe, pour des raisons logistiques et de visibilité. Je parle de partenariat mais la vérité, c'est que les petites entreprises, pour s'associer à ce gros groupe, se font manger la laine sur le dos ... A tous ces reproches (justifiés, puisque les différents détracteurs apportent des preuves), ATTAC y ajoute la fraude fiscale que l'association évalue à environ un milliard d'euro pour la seule année 2019. Ces derniers temps, vous avez du remarquer que les actions coup de poing se multiplient mais pour certaines associations, la lutte est plus ancienne. En 2019, plusieurs actions de coup de poing pour dénoncer la surconsommation et ses conséquences climatiques. Le 4 décembre dernier, les Amis de la Terre, Attac, action Climat Paris et ANV-COP 21 ont mené une action conjointe pour demander un moratoire sur la construction des entrepôts de e-commerce dans le cadre de la future loi issue du travail de la Convention Citoyenne (d'ailleurs, j'ai hâte de lire ce qu'il ressort de la réunion de cet après midi entre les Citoyens qui ont travaillé d'arrache-pied pendant 9 mois pour proposer des mesures à la fois fortes pour le climat, et réalistes en prenant en compte de nombreux paramètres, et M. Macron qui les recevait pour justifier le détricotage de tout leur travail).

Réfléchissons à ce que nous, consommateurs, souhaitons réellement comme marché pour demain. Des tas de petits poissons en bonne santé ou quelques gros requins qui imposeront leurs lois (et leurs prix !) ? 

Si vous souhaitez visiter la petite boutique en ligne d'une sardine (j'en ai déjà la silhouette !), c'est par ici :  https://www.ungrandmarche.fr/mercerie/les-bonheurs-de-tete-de-linotte

 

Parmi mes sources : lefigaro.fr ; france.attac.org ; greenpeace.org ; francesoir.fr

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