LA FIN DES HARICOTS ... OU DU CATALOGUE, CE N'EST DEJA PAS SI MAL.

Publié le par Sophie COCARD

Enfin, j'arrive à me placer devant mon écran pour vous raconter les dernières tribulations de ma vie d'entrepreneure. La taille de mon entreprise est somme toute très modeste (comptable, gestionnaire de la communication, responsable des approvisionnements et suivi des inventaires, relation avec la clientèle, tenue du secrétariat .... , tout cela étant assuré par moi ! ) et pourtant, je me retrouve avec de la paperasse à n'en plus finir, ceci en devenant ridicule ! Ce n'est pas de gaieté de coeur que j'ai fermé mon petit magasin mais malgré le fait que je sois malade, j'essaye d'avancer. Et j'avance, croyez moi ! Place, place, c'est moi que voilà ! Mais tous ces papiers, c'est une sacrée perte d'énergie, énergie que j'aurais envie de placer ailleurs. Quant à la perte de temps, ne l'évoquons même pas. 

La semaine dernière, j'ai reçu un courrier très instructif. Jugez plutôt. Cela concerne la mise en conformité des normes pour la protection des données. Il m'est demandé, et je cite le courrier, " d'élaborer obligatoirement un rapport et une mise en place des protections des données avec documents justificatifs à l'appui en cas de contrôle." Je reçois cette lettre assez énergique, il faut le dire, parce que, j'envoie de temps en temps une newsletter à mes clients et je dispose de leur adresse électronique. Cette liste d'envoi correspond à une trentaine d'adresses mails environ. C'est tout. Voici les données dont je dispose. Et je serais censée mettre en place une stratégie qui me coûterait du temps et de l'argent, sans quoi je pourrais recevoir des sanctions civiles et pénales !!! 

Faisons simple. J'ai donc décidé que toutes mes ventes se feront exclusivement via la plateforme un grand marché (ce sont eux qui cette fois hébergent les données). J'ai supprimé le catalogue produits de mon blog, donc les clients ne pourront plus passer commande par cet intermédiaire mais je reste très facilement joignable via la plateforme dont je viens de vous parler. Créer ce catalogue m'a pris du temps pour photographier les articles, les référencer, réfléchir au mode de paiement et à l'organisation générale, rédiger les conditions générales d'utilisation. Mais tant pis. J'ai supprimé le catalogue et je n'enverrai plus de newsletter. 

Le jeu n'en vaut pas la chandelle. Le système veut écraser jusqu'au bout les petits. Et comme je ne veux pas sentir ce poids sur mon échine, je fais un pas de côté, et je continue ma route. Indemne. Avec toutefois la certitude que les dés sont pipés. Les grandes entreprises et enseignes devraient avoir cette même obligation si on veut être vraiment impartial. Mais ce n'est pas comme cela que les choses se déroulent. Sans quoi les démarcheurs téléphoniques seraient des oiseaux en voie de disparition. Mais à voir à quel point cet envahissement est devenu quotidien, il n'en est à pas douter que nos fichiers clients sont protégés par des passoires et sont partagés dix fois, cent fois, des milliers de fois, d'entreprises en partenaires commerciaux et de partenaires commerciaux en sous-traitants .... Et là, ça ne semble émouvoir personne. 

La paperasse, c'est une façon d'amuser la galerie, de nous détourner des vraies questions et des vrais problèmes. Tant que nous avons la tête prise par ces stupides papiers,  nous ne pouvons pas réfléchir tranquillement à d'autres points.

Signé une citoyenne dont le vase n'a pas encore débordé malgré les gouttes d'eau,

Sophie COCARD. 

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